Séraphine de Senlis

Séraphine de Senlis dans Cinéma affiche-seraphine-2007-1 

En 1913, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, premier acheteur de Picasso et découvreur du Douanier Rousseau, loue un appartement à Senlis pour écrire et se reposer de sa vie parisienne. Il prend à son service une femme de ménage, Séraphine, 48 ans. Quelque temps plus tard, il remarque chez des notables locaux une petite toile peinte sur bois. Sa stupéfaction est grande d’apprendre que l’auteur n’est autre que Séraphine. S’instaure alors une relation poignante et inattendue entre le marchand d’art d’avant-garde et la femme de ménage visionnaire.

 146-hd dans Peinture

 Séraphine Louis est née à Arsy (Oise) le 3 septembre 1864. Son père était manouvrier et sa mère venait d’une famille de paysans. Elle perd sa mère le jour de son premier anniversaire, et son père, remarié, meurt alors qu’elle n’a pas tout à fait sept ans ; elle est alors recueillie par sa sœur aînée. Elle travaille d’abord comme bergère, puis, à partir de 1881, comme domestique chez les sœurs de la Providence à Clermont (Oise). En 1901, elle commence à travailler comme femme de ménage dans les familles bourgeoises de Senlis.

Parallèlement, peignant à la bougie dans un grand isolement, elle accomplit une œuvre considérable. Le collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhde, installé à Senlis en 1912, découvre ses peintures et lui apporte son soutien. Mais il est obligé de quitter la France en aout 1914, et il ne reprend contact avec Séraphine qu’en 1927, à l’occasion d’une exposition locale à Senlis. L’aide qu’il lui apporte alors permet à Séraphine de peindre ses grandes toiles de deux mètres de hauteur. En 1929, Uhde organise une exposition Les peintres du Coeur sacré qui permet à Séraphine d’accéder à une certaine prospérité, dilapidée par des dépenses inutiles. Or, à partir de 1930, Uhde arrête d’acheter ses peintures à cause de la Grande Dépression, ce qui la perturbe gravement.

Elle sombre alors dans la folie et est internée pour « psychose chronique » le 31 janvier 1932 à l’hôpital psychiatrique de Clermont et dès lors renonce totalement à la peinture.

Ses oeuvres sont pourtant exposées par Uhde : en 1932, exposition Les primitifs modernes à Paris ; en 1937-38, exposition Les maîtres populaires de la réalité, à Paris, Zürich, New-York (MOMA) ; en 1942, exposition Les primitifs du XX° siècle à Paris ; en 1945, exposition consacrée à Séraphine seule à Paris.

Elle meurt à 78 ans le 11 décembre 1942 dans l’annexe de l’hôpital à Villers-sous-Erquery, dans le dénuement et les dures conditions des asiles sous l’Occupation allemande. Séraphine Louis est enterrée dans une fosse commune.

Le musée Maillol à Paris, le musée d’art de Senlis, le musée d’art naïf de Nice et le musée d’Art moderne Lille Métropole à Villeneuve-d’Ascq possèdent plusieurs de ses œuvres.

seraphine1

L’Arbre de Vie

 

 

2 Réponses à “Séraphine de Senlis”


Laisser un Commentaire




johnjonat |
Se souvenir de... |
Le blésmouti, la biscouti ? |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Appartement F4
| Nicorette Life
| LOCATION MAISON DE VACANCES...