Nick et les lotophages

Dans la mythologie grecque, les lotophages ou mangeurs de lotus sont des peuples issus d’une île près de l’Afrique du nord (certainement l’actuelle Djerba) recouvertes de plantes de Lotus.Les fleurs et les fruits de Lotus, de puissants narcotiques et addictifs étaient la nourriture de base de l’île, provoquant une profonde léthargie et un état d’oubli ( le terme lôtos en grec signifie oubli) permanent chez les habitants de l’île. Un des épisodes de l’Odyssée cite ces habitants…

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Night of the lotus eaters

Sapped and stupid I lie upon the stones and I swoons
The darling little dandelions have done their thing and changed from suns into moons
The dragons roam the shopping malls, I hear they’re gonna eat our guts
If I had the strength I might pick up my sword and make some attempt to resist

Get ready to shield yourself
Grab your sap and your heaters
Get ready to shield yourself
On the night of the lotus eaters

….

They gilded my scales, they fish-bowled me and they toured me round the old aquariums
They come in their hordes to tap at the glass, the philistines and barbarians
I like floating here, it’s nice, they’ve hung seaweed around my hips
And I do the hula for the hungry ones and the lames all throw me tips

Get ready to shield yourself
Grab your sap and your heaters
Get ready to shield yourself
On the night of the lotus eaters

….

Get ready to shield yourself
From our catastrophic leaders
Get ready to shield yourself
Grab your sap and your heaters

On the night of the lotus eaters

Now hit the streets!

Now hit the streets!

Traduction :

La nuit des mangeurs de Lotus

Je repose sur les pierres abattu et stupide et je m’extasie
Les gentilles petites fleurs ont fait leur effet, transformées des soleils en lunes
Les dragons errent dans les grandes surfaces, je les entend ils vont dévorer nos entrailles
Si j’avais la force je saisirais mon épée et j’essayerais de resister

soyez prêt à vous protéger
preparez vous un abri bien chauffé
soyez prêt à vous protéger
lors de la nuit des mangeurs de Lotus

…. 

Ils m’ont recouvert d’or, ils m’ont mis dans un bocal et ils m’ont fait faire le tour des vieux aquariums
Ils viennent en hordes frapper sur la vitre, les philistins et les barbares
j’aime flotter ici (c’est bien).Ils m’ont accrocher des algues autour des hanches
et je dance le « houla » pour les affamés et tous les pauvres me jettent des pièces.

soyez prêt à vous protéger
preparez vous un abri bien chauffé
soyez prêt à vous protéger
lors de la nuit des mangeurs de Lotus

….

soyez prêt à vous protéger
de nos catastrophiques leaders
soyez prêt à vous protéger
preparez vous un abri bien chauffé

lors de la nuit des mangeurs de Lotus

maintenant sortez dans la rue !

maintenant sortez dans la rue !

La malédiction d’une société, c’est quand ce ne sont pas les anciens mais les gamins qui sont au pouvoir. La rupture radicale avec le passé est à l’origine de tous les totalitarismes (fascisme, maoïsme, communisme…). En Italie, le mouvement futuriste qui se caractérisa par son adhésion à l’idéologie fasciste véhiculait la haine de l’histoire.
Dans son manifeste du futurisme, Marinetti déclarait : « Nous détruirons les musées, les bibliothèques, les académies de toute sorte… Nous n’avons pas besoin du passé… Nous sommes jeunes et forts…La guerre représente la forme le plus intense de la vie. »

Une des raisons pour lesquelles Hitler s’est attaqué aux Juifs, est que c’est un peuple de mémoire. Le dictateur est contre la mémoire, il exalte les forces et la beauté de la jeunesse : il veut créer un homme neuf et rajeunir le monde. Les tyrans ont parfois été des vieillards mais ils ont toujours été fascinés par la jeunesse, symbole de pureté et d’immédiateté. L’exaltation de la jeunesse est une maladie appelée jeunisme. Le jeunisme consiste à croire que tout ce qui est ancien est mauvais et que la jeunesse est une valeur en tant que telle. Elle est un refus de la mémoire au profit de la nouveauté, de l’immédiateté, de l’éphémère ; elle cultive l’engouement plus que de l’engagement. Elle tourne le dos à cette idée toute simple qu’il faut de la patience et du temps, de la mémoire et de la culture, du récit et de l’expérience pour faire un homme civilisé. Le théologien Urs von Balthasar a affirmé, sous forme de paradoxe, que le fait de considérer d’être jeune comme une valeur en soi témoigne d’une hiérarchie ruinée des valeurs : « un culte voué à la jeunesse est toujours un signe de vieillissement d’une culture. »

Contre une société qui se développe sous le signe du lotos et du jeunisme, il faut rappeler que nous avons des racines, que notre monde n’est pas né ce matin et que nous sommes au bénéfice d’une histoire qui nous précède. Certes, nous sommes appelés à lancer nos branches vers le ciel, à imaginer et défricher de nouvelles pistes, mais sans jamais oublier la sève qui vient de nos racines. Nous sommes invités à trouver le juste équilibre entre la mémoire et la création, l’honneur dû aux anciens et l’exploration de notre chemin singulier.

2 Réponses à “Nick et les lotophages”


  • Bien sûr que nous avons besoin du passé, de l’histoire, l’idée que les racines ne comptent pas est une grande bêtise ! et même une utopie, car elles sont là en nous…

    Dernière publication sur La chambre est traversée par le vent : Je change d'adresse...

  • Tout à fait ! notre civilisation s’est construite et développée sur les bases du passé, de la mémoire collective. Sans cela nous ne sommes rien…… des pantins sans avenir….. sans consistance. Si on oublie d’où on vient, on se perd à jamais ! c’est une évidence !

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